Épisode 23 · Le Shop des Titans
21 Shopinfo - Summer Editions 2024 : De belles nouveautés pour l'été (P.O.S, Magic IA, Markets)
Résumé, 10 secondes
Épisode enregistré une heure après la présentation de la Summer Edition 2024, qui compte 177 nouveautés. Le mot d'ordre de l'édition est unified : Shopify rassemble ce qui vivait jusqu'ici dans des coins séparés du back-office.
1. Les marchés, réunis avec le B2B et le point de vente
Jusqu'ici, les marchés se configuraient dans les paramètres — ou passaient par des boutiques distinctes sur Shopify Plus. Ils prennent désormais place dans le back-office lui-même, entre les commandes et les analyses.
Pour chaque marché, on définit ses règles, ses catalogues, ses prix et ses taxes — y compris pour le B2B et pour le point de vente. C'est là que se joue l'unification : POS et B2B vivaient en parallèle des marchés, ils y sont maintenant intégrés.
S'y ajoute une vue d'ensemble bienvenue : on pouvait déjà différencier une page d'accueil espagnole d'une allemande, mais il fallait rouvrir le thème pour se rappeler ce qui avait été modifié. Ces différences s'affichent désormais dans la vue marchés.
Trois autres points, moins visibles mais structurants :
- Plusieurs entités juridiques. Il fallait jusqu'ici un unique compte Shopify Payments pour recevoir les versements. On peut désormais avoir une entité de facturation dédiée par pays — un blocage réel pour certains marchands.
- UPS Worldwide disponible plus largement.
- Le Japon enfin correctement pris en charge : traductions, options d'expédition, et jusqu'à l'affichage typographique qui posait problème.
Détail utile au passage : une prévisualisation permet de voir le rendu du tunnel selon que les taxes sont incluses ou non.
2. L'expédition fractionnée
Quand les articles d'une même commande se trouvent dans des entrepôts différents, avec des règles d'envoi différentes, l'expédition peut être scindée. Le client se voit proposer l'option la moins chère, ou peut choisir article par article.
L'exemple donné : quelqu'un commande une chaise, une table et une lampe de chevet. La lampe est urgente — l'ancienne est cassée — le reste peut attendre et coûterait cher en express. Chaque partie part avec son propre mode d'envoi.
L'effet est plus marqué aux États-Unis, où la distance change le prix. En France, l'intérêt est ailleurs : combiner dans une même commande un article volumineux à retirer en magasin et un article léger à expédier, au lieu d'obliger le client à passer deux commandes.
La fonction marche aussi avec les abonnements — un produit en express chez soi, l'abonnement en point relais.
Une réserve, faute d'avoir pu tester : la règle semble s'appliquer par entrepôt et non par article du panier.
3. L'intelligence artificielle : Sidekick et Magic
Sidekick est l'assistant intégré à la boutique — un agent conversationnel qui connaît le contexte du magasin. On lui demande de créer un segment de clients ayant dépensé plus de 400 € sur les 90 derniers jours, puis d'appliquer une remise de 30 % à ce segment sur une collection donnée, pour une durée définie. Il exécute.
L'intérêt réel : ne plus avoir à traverser cinq écrans du back-office, et disposer d'une sorte d'assistance permanente pour les questions de paramétrage. Le déploiement reste progressif, très orienté États-Unis, et se demande sur inscription.
Shopify Magic a commencé par le texte — les descriptions de produits — et s'étend maintenant aux images. Sur une fiche produit, on ouvre un média et l'on modifie son arrière-plan : le produit est détouré automatiquement, puis on décrit la scène voulue et plusieurs propositions sont générées. Le détourage est propre, et cela permet de tirer un visuel soigné d'un simple packshot quand le budget ne permet pas de séance photo.
Le détail qui bloque tout le monde : il faut passer son back-office en anglais pour y avoir accès. C'est disponible sur les médias produits, et arrive sur les e-mails et l'éditeur de boutique.
Enfin, Shopify Inbox couplé à Magic répond aux visiteurs avec les données de la boutique et de leur commande. Shopify annonce 69 % de conversion en plus quand on répond en temps réel — un chiffre à prendre avec des pincettes, même si l'utilité d'un chat répondant vraiment n'est pas en cause.
4. Les analyses
Deux changements qui feront gagner du temps à quiconque analyse ses données :
- Le tableau de bord devient modifiable, dans l'esprit d'un outil de visualisation mais en plus simple.
- Les tableaux croisés dynamiques arrivent. On croise ventes, conversion et marges avec des filtres, au lieu d'ouvrir un rapport par donnée. Et l'on crée des ratios : conversion rapportée aux sessions, comparaison de la conversion selon la source de trafic.
Concrètement, cela remplace l'exercice consistant à ouvrir deux rapports et sortir sa calculette.
5. Côté thème
Shopify continue d'avancer vers ses flex sections, en ajoutant à chaque édition des outils pour les développeurs de thèmes.
Le changement le plus utile concerne le responsive. Pour proposer une image différente sur mobile, on créait deux champs distincts. Désormais on utilise le sélecteur de vue déjà présent dans l'éditeur : on saisit l'image en vue bureau, on bascule en vue mobile, et la valeur saisie ne s'applique qu'à ce contexte. Moins de champs, et le résultat sous les yeux.
Autre gain : un champ « ressource » unique. Pour trois blocs côte à côte pouvant contenir un produit, une collection ou une page, il fallait prévoir trois champs et une logique de priorité entre eux. Un seul champ accepte maintenant l'un ou l'autre — produit, collection, page, article.
Le reste tient du détail visuel : des séries d'icônes remplacent les listes d'options, ce qui allège l'éditeur pour le marchand.
6. Hydrogen
Le cadre de développement pour les architectures découplées gagne un éditeur visuel, avec possibilité de laisser des commentaires — là où l'on travaillait auparavant en poussant du code puis en allant regarder le résultat.
Cela répond au principal point de friction de ces architectures, la modification de contenu. Sans les rendre pour autant simples à confier à un marchand.
7. La logistique omnicanale
Deux mécanismes symétriques, tous deux destinés à faire travailler les boutiques plutôt que l'entrepôt central :
- Ship to store : un client veut retirer un produit absent de sa boutique. Plutôt que de le faire venir de l'entrepôt à l'autre bout du pays, il arrive de la boutique la plus proche qui l'a en stock. Cela se règle emplacement par emplacement.
- Ship from store : une commande à expédier arrive près d'une boutique. Les vendeurs reçoivent la notification sur leur interface de caisse, préparent la commande et éditent le bordereau. L'envoi part de la boutique.
Ces règles s'ajoutent aux logiques d'affectation existantes — privilégier l'emplacement le mieux fourni, le plus proche, ou le moins coûteux à l'expédition. Et un magasin débordé, ou proche de son stock critique sur un article, peut transférer la préparation à un autre point de vente.
8. Le point de vente
- Envoi de facture en un clic, avec rattachement automatique du client par son adresse e-mail.
- Des rôles plus fins : on choisit quels vendeurs accèdent à quelles informations clients.
- Des règles de retour par produit, qu'un vendeur au rôle limité ne peut pas contourner. Un retour hors délai est bloqué et demande une autorisation — l'information est visible immédiatement en boutique.
POS Go, le terminal de paiement de Shopify, n'est toujours pas disponible en France. Il est annoncé pour bientôt, ce qui n'est pas la première fois.
Et en vrac, ce qui méritait d'être signalé
- Les acomptes en B2B : un pourcentage à la commande, le solde ensuite.
- Le thème Trade, gratuit et pensé pour le B2B, avec des pages de commande en gros — des listes peu séduisantes en B2C, très pratiques ici.
- Le retrait en magasin fonctionne enfin avec Shop Pay.
- Shopify Flow accède aux métachamps depuis sa liste de données, sans avoir à écrire du JSON.
- L'ajout d'applications dans le tunnel et sur la page de remerciement est simplifié, et ouvert à toutes les boutiques.
- Checkout Blocks devient gratuit pour Shopify Plus — un argument commercial évident, et sans doute une réponse au fait que peu d'agences proposaient des extensions de tunnel.
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