Épisode 37 · Le Shop des Titans
LES 3 erreurs UX de structure Shopify À NE PAS FAIRE !!!
Résumé, 10 secondes
Trois erreurs de structure très répandues. Elles n'ont rien d'exotique — c'est le niveau de détail qui compte, et c'est généralement là qu'on s'arrête trop tôt.
1. Le fil d'Ariane, largement sous-estimé
Il sert d'abord de droit à l'erreur. Un visiteur venu d'une campagne payante atterrit sur une fiche produit ou une collection qui n'est pas tout à fait ce qu'il cherchait. Le fil d'Ariane lui permet de remonter d'un cran plutôt que de repartir.
Indispensable sur les fiches produits et les pages collection. Utile aussi sur un blog fourni : remonter à la thématique mène à d'autres articles, qui mènent à d'autres produits.
Sa seconde vie est dans le référencement : il donne aux moteurs la structure de votre arborescence, à condition d'être balisé en microdonnées. La structure idéale va de l'accueil à la collection, puis à la sous-collection, puis au produit.
Sur mobile, où le placer devient vite un casse-tête, on peut le descendre plus bas dans la page : il perd de son utilité de navigation, mais conserve son intérêt pour les moteurs.
Deux réglages fins
- Raccourcir les libellés. Une collection nommée « Notre sélection de casques de ville » n'a pas à s'afficher ainsi dans le fil : « Casques » suffit — et le choix du mot se décide selon votre stratégie de mots-clés.
- Choisir la collection parente. Shopify impose par défaut celle d'où vient le visiteur. Un métachamp sur le produit permet de fixer celle que vous voulez voir apparaître. Pour une chaussure Nike rouge : vaut-il mieux remonter vers « chaussures Nike » ou vers « chaussures rouges » ? La réponse dépend des mots sur lesquels vous voulez ressortir.
2. Les filtres de page collection
Standardisez les valeurs. C'est le défaut le plus coûteux, et le plus discret. Un marchand saisit « bordeaux », « corail », « rouge » : le visiteur qui filtre sur rouge obtient un produit là où dix pouvaient lui convenir. Vous vous coupez de votre propre catalogue.
Deux façons de corriger : normaliser les valeurs dans des métachamps sur les fiches produits, ou créer des groupes de valeurs dans Search & Discovery pour rattacher bordeaux et corail à un même filtre « rouge ».
Puis sortez les filtres du panneau. Des boutons de préfiltrage visibles au-dessus de la grille valent mieux qu'un menu à ouvrir. Sur une marque de compléments alimentaires, trois boutons correspondant aux bénéfices recherchés — l'énergie, le sport — ont fait monter le taux de clic vers les fiches produits et baisser le taux de rebond de près de 6 %, pour une modification mineure.
Les ordres de grandeur relevés : 5 à 7 % de clics en plus avec de simples boutons texte, et un résultat presque doublé quand on y ajoute des visuels — testé sur une marque de vêtements. Derrière suivent généralement le taux d'ajout au panier, puis la conversion.
Enfin, respectez la ligne de flottaison. Les filtres comptent, les produits comptent davantage : il faut voir au moins une rangée de produits — deux sur mobile — et apercevoir la suivante pour donner envie de faire défiler.
3. La réassurance : la doser, pas l'empiler
On répète qu'il faut en mettre partout. C'est justement l'erreur : une page surchargée dilue le message. La vraie question est quel argument, à quel moment du parcours.
Le bandeau haut — la livraison, avant même les produits. Où l'on est livré, et à partir de quel montant les frais tombent. Détail qui compte : « offert » l'emporte sur « gratuit », parce qu'on comprend que c'est le site qui offre. Lever ce frein d'entrée permet au visiteur de regarder les prix sans arrière-pensée.
La page d'accueil — ce qui différencie la marque : made in France, vegan, labels, entreprise à mission ou B Corp. Et l'échelle humaine : une équipe, des fondateurs. C'est ce qu'on appelle le design émotionnel, et cela déclenche des achats qui n'auraient pas eu lieu autrement.
Les pages collection — insérez des tuiles de réassurance dans la grille elle-même, entre les produits : la note globale du site, un avis, les frais de port, les délais. Une rupture de grille consacrée au paiement en trois fois a donné de bons résultats — et l'essentiel n'est pas que les clients l'utilisent, mais qu'ils sachent en le voyant que l'option existera au moment de payer.
La fiche produit et le panier — la date de livraison, la plus précise possible. « Commandé lundi avant midi, reçu jeudi » vaut mieux qu'un délai en jours : le client s'organise, prévoit d'être chez lui ou se fait livrer au bureau.
Un test contre-intuitif : remplacer le bouton « Commander » du panier par « Paiement sécurisé », avec une icône de cadenas, a produit 5 à 10 % de mieux selon la cible. Rien ne prouve quoi que ce soit — c'est vous qui écrivez la mention — et pourtant l'effet se mesure.
Les deux écueils
Soit on n'a pas pris le recul nécessaire, et de vrais atouts n'apparaissent nulle part. Soit c'est le fourre-tout : on parle de paiement sécurisé ou de composition dès l'accueil.
La hiérarchie tient en trois questions successives : sur l'accueil, est-ce que c'est pour moi ? ; sur la fiche, est-ce que ça marche, de quoi est-ce fait ? ; dans le panier, quand et comment je paie. Une marque de cosmétiques accompagnée cette année entrait dans l'argumentaire scientifique dès l'accueil : excellent contenu, mais trop tôt — il sert à celui qui creuse, pas à celui qui arrive.
Saisonnalisez
Une politique de retour souple — trente jours quand la loi en impose quatorze — mérite d'être affichée en décembre sur la fiche produit et la page collection : elle lève l'angoisse de la mauvaise taille ou du mauvais produit offert.
Même chose pour la livraison garantie avant Noël, compte à rebours à l'appui. Elle se vend même payante — à douze euros, elle reste un argument décisif pour un retardataire.
Un avertissement, tout de même : ne promettez une date que si vous pouvez la tenir. Gardez vingt-quatre heures de marge, et coordonnez-vous avec la logistique avant les fêtes. Cinq pour cent de promesses non tenues le 24 décembre coûtent plus cher que les commandes gagnées.
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